un spring break à la Nouvelle Orléans

Publié le par Grenadine

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ou une chouette semaine entre alligators, épices, jazz, jolies rencontres et éclats de rires.


      J'adore écrire des histoires mais tout particulièrement celles-là. J'adore ce genre d'histoires que l'on aurait adoré vivre et que l'on prend toujours pour un rêve une fois qu'on les a vécues. Je vais vous raconter ce genre de voyages que l'on commence à deux et qui finit à beaucoup plus... Je vais vous raconter ce genre de voyages pleins de surprises, de sourires et d'instants inoubliables. Je viens de rentrer et mon sourire ne se décroche pas. Il est bien là, autant que toutes ces rencontres et ces airs de jazz qui tournent encore joyeusement dans ma tête...

 

 

       Tout commence il y a une semaine. Samedi matin, je ferme ma maison vide, jette mon sac sur mon dos, attrape mon appareil photo, mets ma deuxième chaussure en chemin et saute dans la voiture.

Direction le sud, les épices et le jazz... Direction la Louisiane!

         A peine arrivées, Aurélie et moi avons plongé dans un décor totalement différent. Un univers coloré et fleuri. Une ville où des dizaines de colliers du carnaval pendent encore aux arbres, aux fils électriques et aux statues. Des rues où le jazz émane bruyamment, se mêlant au joyeux brouhaha des habitants. Un tram rouge et jaune passe au milieu de Canal Street, encore trois blocks et nous arrivons au coin de Lopez Street. Notre auberge, the India House, est là. Nous passons la porte de cette jolie maison et visitons les lieux. Je comprends alors que c'est ici que tout va commencer. The India House... Ce genre de lieux où vivre des jours et des jours sans même en sortir n'est pas un problème. Rester à cette auberge est déjà un voyage en soi. Tout juste installées nous rencontrons Camille et Leila, deux Françaises "au pair" à Washington DC qui sont là pour le week-end. Elles nous font visiter la ville. Je découvre le coeur de New Orleans pour la première fois. En ce samedi soir, la rue Bourbon du quartier français me choquera. On décide de ne plus y retourner une fois la nuit tombée. Le lendemain, nous découvrons ces ruelles ensoleillées et colorées. Nous nous dirigeons vers Ursuline Street pour retrouver les filles et deux Américains au Croissant d'Or. C'est ainsi qu'en quelques minutes je suis revenue en France, l'espace d'un repas. J'ai adoré ce petit déjeuner / déjeuner à base de quiche et de pain au chocolat. Il est ensuite temps de leur dire au revoir avant leur vol. Nous resterons au marché français entre les poupées créoles et les dents d'alligator en mâchouillant de la canne à sucre.

         J'ai adoré vagabonder et errer dans cette ville des artistes. Cette atmosphère est simplement magique. Près de Jackson Square, je retrouve ce petit truc que j'aime à Montmartre. On se baladera chaque jour par là, entre les peintres, les jeunes musiciens à leurs heures perdues et les diseurs de bonne aventure. J'adore sourire en regardant ces tableaux accrochés sur les barrières... j'adore ce mime qui s'arrête de mimer pour venir écouter la chanteuse sur le trottoir, lui donner un billet de son pourboire et manger sa glace.. Je me souviendrai longtemps de cette guitariste qui a laissé sa guitare à Aurélie et qui a permis à des chansons françaises de s'envoler joliment dans la ruelle... J'adore lorsque les gens se rassemblent tout d'un coup autour d'une manifestation de rue, d'un groupe de jazz ou d'un saxophoniste... J'adore lorsqu'un habitant vient s'asseoir sur la même marche que moi pour évoquer Katrina, le paysage d'Europe et partager des bouts de vie avant de reprendre son vélo... J'adore regarder ces gens demander une chanson avec un tip, s'allonger par terre en fumant une cigarette, puis repartir en souriant... J'aime ces gens partout, ce soleil qui coule dans les ruelles, les gens qui dorment près de la cathédrale et surtout, j'aime lever les yeux et observer cette architecture un peu française, un peu espagnole...

Si on parvient à se décrocher de cet endroit envoûtant, non loin de là, juste derrière la voie ferrée, on peut voir le Mississippi s'écouler, lentement.

 

        Découvrir la Louisiane c'est aussi pleurer en mangeant un jambalaya on ne peut plus épicé, découvrir tous les petits restaurants locaux, partir à la découverte du Bayou avec un Cajun ou encore visiter les plantations de canne à sucre créoles et comprendre la vie des esclaves. J'ai adoré ce moment sur ce petit bateau dans le Bayou entre les alligators, les serpents, ces paysages et le vent qui frappait nos visages lorsque l'on allait à toute allure.

 

      Les rencontres font le voyage, c'est un fait. Daniel, le fils d'une professeure de l'école qui habite là-bas nous a montré un soir la vraie Nouvelle Orléans. Celle des touristes n'a rien à voir. C'était tout juste génial. Imaginez ces petits cafés dans  cette atmosphère de quartier. Ces tout petits lieux réservés aux habitués où les groupes font danser les couples dans une ambiance années folles. J'admire ce charleston, ces habitués aux beaux chapeaux et ce lieu... Cette ambiance authentique me fait pétiller les yeux. Il y a un charme bien particulier qui vole dans l'air de là-bas, vraiment !

Les belles rencontres ont souvent lieu dans une auberge, surtout dans celle-là. J'adore cette cuisine où chacun aime se retrouver... J'aime tous ces gens, tous ces accents et ces odeurs qui se mélangent. J'aime cette ambiance : les gens qui tentent de se frayer un chemin avec une casserole d'eau ou de la viande crue entre ceux qui papotent et éclatent de rire... J'aime ces soirées joyeuses autour d'un "Apples to apples" jusqu'à 2 heures du matin... J'aime lorsque tout le monde se retrouve autour d'une crêpe party qu'Aurélie et moi avons faite pour toute l'auberge en multipliant la recette par trois... J'aime cette scène où tout le monde est libre de faire profiter les autres de son talent avant de projeter le film du soir sur le mur... Et j'aime par-dessus tout ces magnifiques rencontres... Je me souviens de cette grande partie de journée à aider ce groupe de jeunes volontaires du Wisconsin à cuisiner une centaine de repas pour les sans-abris. Ces cinq jeunes me laissent de jolis souvenirs. Je me souviendrai aussi toujours de cet appel paniqué d'un membre du staff qui cherchait des Français pour l'aider à communiquer avec deux jeunes Français sourds et muets à l'accueil. Cette conversation écrite sur une feuille blanche avec Clément et Aurélien  ne sera pas la dernière. Un peu plus tard, en repassant devant eux, on a échangé un sourire et, après un petit laps de temps, Clément m'a tendu un carnet et un crayon. Tout commençait. On a alors beaucoup communiqué. On a appris beaucoup de signes... Tellement qu'on était même capables de faire des blagues le soir venu. Tout passait par des sourires, des gestes et un petit carnet bleu. J'ai adoré tous ces moments. J'ai adoré quand il a pris ma main pour la poser sur la scène et "écouter" la musique avec les vibrations, j'ai adoré ces conversations différentes, j'ai définitivement réalisé que la vie c'était ça, toutes ces rencontres. Après des éclats de rires en langage des signes, il était temps de se séparer. Vers minuit, dans la joie de l'auberge, on s'est tous dit "au revoir" silencieusement avec un sourire qui voulait dire "merci pour tout, vraiment" avant de repartir, chacun de notre côté.

 

Il y a de ces voyages qui restent marqués, par là, dans la partie "la vie est belle".

La force de ces découvertes, ces rencontres et la beauté de ces paysages chuchoteront constamment en moi "rappelle-toi!"...

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