Rires, Amish et première neige.
Après une très chouette soirée chez Lucie avec Chloé, Brune, Aurélie et Jerem pleine de rires, de papotages, de musique et de chansons, le piano à queue s'est reposé, la guitare a été rangée et on s'est tous endormis, dans le salon. Mon réveil a été le même qu'un matin de Noël : "Il a neigééééééééééééé, Il a neigééééééééééééééééé !". Il avait effectivement neigé. Un 10 octobre. Les feuilles colorées qui venaient de tomber étaient recouvertes d'un voile blanc. Magie et panique. On riait en se disant que vraiment, l'hiver allait être rude ! On a tenté de transformer notre équipement d'automne français par un semblant de déguisement hivernal et on a filé vers l'école. On a rejoint les autres pour aller vers Harmony, un village à 2 heures de là, à la rencontre des Amishs. Déjà, être tous ensemble, c'était du bonheur. Ensuite, la rencontre des Amishs, c'était étrange. J'aurais voulu me perdre et arriver au hasard dans une de ces familles. La visite en groupe me faisait un peu penser à un safari. Je crois que je me souvendrai toujours de cette désagréable sensation de vouloir m'enfuir quand dans une maison, un jeune amish d'une dizaine d'années me fixait, l'air grave, sans jamais répondre au moindre sourire et que derrière lui, un vieil homme à la longue barbe blanche se balançait dans son fauteuil, nous fixant aussi, pendant de longues minutes. Je nous regardais, avec nos vêtements colorés, puis je le voyais lui, vêtu d'un tissu terne sans boutons, sa coupe de cheveux comme tous les autres enfants de la communauté et son chapeau de paille. La rencontre faisait un peu zoo. Une rencontre trop imperméable. Mais j'ai aimé ce linge aux couleurs blanches ou ternes qui volait entre la maison et le hangar, ce paysage et cette atmosphère d'un autre temps, cette pause au milieu du XXIème siècle. Je ne pouvais les prendre en photo, les clichés volés sont donc peu nombreux, mais il y a toutes ces belles images dans ma tête. Celles que l'on raconte... (pour voir l'album cliquez là)
Et puis ce moment avec les autres interns fut simplement génial. Plus le temps passe et plus j'aime ce groupe, cette expérience. Ces gens sont chouettes et j'ai vraiment de la chance d'être avec eux. Je crois que les photos peignent bien mieux l'ambiance et l'état d'esprit...

L'équipement pour l'hiver a commencé. Je suis allée acheter un manteau aujourd'hui, pour remplacer mon manteau d'hiver français qui n'était pas assez chaud. La journée d'hier, vers les 30°F (-1°C), quand on réalise qu'on était le 10 octobre, m'a fait prendre conscience qu'il fallait agir. Ca s'annonce vraiment amusant.
Aujourd'hui, Mariam a 8 ans. Pour fêter ça nous sommes allés faire du roller dans un endroit qui ressemblait à celui de Vic dans la Boum. Que des enfants (petits et grands comme moi) sur des patins à roulettes qui roulent sur une piste éclairée de spots colorés et qui dansent au rythme d'une musique au volume démesuré. C'était sympa. C'était chouette jusqu'au moment où Sirah, que je faisais patiner devant moi perde l'équilibre. J'ai voulu la protéger et mon genou a fait un "crac !". On est immédiatement rentrés. Au moment où j'écris, je suis dans le canapé, immobile depuis quelques heures. En ce moment même je suis devant un match de football américain qui a l'air, à en voir le visage crispé du papa, vraiment important. J'ai la jambe surélevée et de la glace sur le genou, et on se demande comment ce sera demain matin. Affaire à suivre.
A l'école tout va toujours très bien. J'ai donné mon premier cours de dessin jeudi, après les cours. J'avais postulé pour donner le cours de Young Rembrandt. Avec Mélanie on a eu notre "formation" pour ça mercredi et j'avoue que, lorsque la responsable nous a distribué une feuille blanche pour voir ensemble comment dessiner l'écureil du premier cours, j'ai eu peur que cette fois-ci, vraiment, je me fasse virer de la salle. Finalement non, on a appris les lignes, les axes, les étapes et à l'aide d'une grande concentration, j'ai dessiné un écureuil sans handicap notable et, coup de bluff réussi, j'apprendrai donc à dessiner chaque jeudi (aux élèves et à moi-même). Pour ce qui est de ma classe, tout va très bien. La vie suit son cours entre les chansons, les "chuuuuut", les "sortez votre cahier bleu" (et les gestes d'hôtesse de l'air qui vont avec pour qu'ils me comprennent), les crayons que l'on doit tailler toutes les deux minutes trente, les dents de lait qui tombent à la pomme du goûter (c'est fou à quel point ces dents-là se font la malle à cet âge !), les "pourquoi Noel es-tu en chaussettes dans les toilettes et peux-tu juste m'expliquer pourquoir tu es en train de te laver les chaussures dans l'urinoir ?", les "Bonjour Madomoiseeelle Camille !"... Je m'attache à mes petits bouts, toujours égaux à eux-mêmes et une semaine est encore passée, entre bêtises, sourires et chahuts enjoués. Je ris aussi de moi-même devant la correction des travaux en me voyant hésiter devant des exercices où l'on doit compter la somme des pièces américaines. J'apprends en même temps qu'eux. Je chante, fais les yeux noirs, reprends mon sourire, demande un "chuuuuut". Je souris à leur comportement d'enfants, à leurs remarques innocentes et me dis que je ne suis pas la seule à parfois être épuisée quand j'entends une autre instit au hasard d'un couloir se demandant : "Je ne sais pas si je suis fatiguée parce qu'ils sont déchaînés ou s'ils sont déchaînés parce que je suis fatiguée". J'évolue dans cette classe comme un poisson dans l'eau et me porte vraiment beaucoup mieux que ceux qui étaient dans l'aquarium (les enfants, rappelez-moi qui était responsable des poissons cette semaine ????). Et si vous voulez mesurer l'esprit vif de mes bouts, regardez la phrase qu'ils ont inventée ensemble puis tous copiée et dessinée pour clôturer la leçon sur la lettre "C". Chaque enfant a donc désormais, dans son cahier d'écriture le dessin d'une mademoiselle Camille qui fait des crêpes avec une coccinelle...
Aujourd'hui, Mariam a 8 ans. Pour fêter ça nous sommes allés faire du roller dans un endroit qui ressemblait à celui de Vic dans la Boum. Que des enfants (petits et grands comme moi) sur des patins à roulettes qui roulent sur une piste éclairée de spots colorés et qui dansent au rythme d'une musique au volume démesuré. C'était sympa. C'était chouette jusqu'au moment où Sirah, que je faisais patiner devant moi perde l'équilibre. J'ai voulu la protéger et mon genou a fait un "crac !". On est immédiatement rentrés. Au moment où j'écris, je suis dans le canapé, immobile depuis quelques heures. En ce moment même je suis devant un match de football américain qui a l'air, à en voir le visage crispé du papa, vraiment important. J'ai la jambe surélevée et de la glace sur le genou, et on se demande comment ce sera demain matin. Affaire à suivre.
A l'école tout va toujours très bien. J'ai donné mon premier cours de dessin jeudi, après les cours. J'avais postulé pour donner le cours de Young Rembrandt. Avec Mélanie on a eu notre "formation" pour ça mercredi et j'avoue que, lorsque la responsable nous a distribué une feuille blanche pour voir ensemble comment dessiner l'écureil du premier cours, j'ai eu peur que cette fois-ci, vraiment, je me fasse virer de la salle. Finalement non, on a appris les lignes, les axes, les étapes et à l'aide d'une grande concentration, j'ai dessiné un écureuil sans handicap notable et, coup de bluff réussi, j'apprendrai donc à dessiner chaque jeudi (aux élèves et à moi-même). Pour ce qui est de ma classe, tout va très bien. La vie suit son cours entre les chansons, les "chuuuuut", les "sortez votre cahier bleu" (et les gestes d'hôtesse de l'air qui vont avec pour qu'ils me comprennent), les crayons que l'on doit tailler toutes les deux minutes trente, les dents de lait qui tombent à la pomme du goûter (c'est fou à quel point ces dents-là se font la malle à cet âge !), les "pourquoi Noel es-tu en chaussettes dans les toilettes et peux-tu juste m'expliquer pourquoir tu es en train de te laver les chaussures dans l'urinoir ?", les "Bonjour Madomoiseeelle Camille !"... Je m'attache à mes petits bouts, toujours égaux à eux-mêmes et une semaine est encore passée, entre bêtises, sourires et chahuts enjoués. Je ris aussi de moi-même devant la correction des travaux en me voyant hésiter devant des exercices où l'on doit compter la somme des pièces américaines. J'apprends en même temps qu'eux. Je chante, fais les yeux noirs, reprends mon sourire, demande un "chuuuuut". Je souris à leur comportement d'enfants, à leurs remarques innocentes et me dis que je ne suis pas la seule à parfois être épuisée quand j'entends une autre instit au hasard d'un couloir se demandant : "Je ne sais pas si je suis fatiguée parce qu'ils sont déchaînés ou s'ils sont déchaînés parce que je suis fatiguée". J'évolue dans cette classe comme un poisson dans l'eau et me porte vraiment beaucoup mieux que ceux qui étaient dans l'aquarium (les enfants, rappelez-moi qui était responsable des poissons cette semaine ????). Et si vous voulez mesurer l'esprit vif de mes bouts, regardez la phrase qu'ils ont inventée ensemble puis tous copiée et dessinée pour clôturer la leçon sur la lettre "C". Chaque enfant a donc désormais, dans son cahier d'écriture le dessin d'une mademoiselle Camille qui fait des crêpes avec une coccinelle...
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